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Journal Rappé: du Sénégal à la Côte d’Ivoire

« Je suis aujourd’hui au pays du coupé décalé (…)Transfert de compétence, partage d’expérience. »

Guman Xuman reprend les couplets devant la petite caméra sur trépied. En plein milieu de la commune de Marcory, il ignore les véhicules qui ralentissent devant ce plateau d’enregistrement vidéo, et relance son flow jusqu’à avoir la bonne prise. Le soleil est haut, les images sont impeccables, ils sont bons. On peut retourner au studio de répétition et d’enregistrement. Il est à quelques pas.

Vingt minutes avant, je quittais en flêche Koumassi  pour rejoindre l’artiste, animateur sénégalais radio et télé . Il rentre le lendemain après son concert live de ce soir à Abidjan. On est le samedi 31 janvier. Il est 14 heures et il a encore la version ivoirienne du journal télévisé rappé à peaufiner. Il s’agit de l’épisode pilote.

JTR

Qu’est ce que le journal rappé?

Comme son nom l’indique c’est la communication des nouvelles économiques, politiques ou sociales en rappant. Rythme, musique, lyric, le journaliste donnes les infos dans un flow hip-hop. Xuman est l’initiateur de cette originalité. Au Sénégal, avec son acolyte Keyti ils rassemblent les sénégalais devant leur Journal télévisé. Un brin d’humour, une pincée de franc parler, et la recette rencontre un succès auprès des téléspectateurs de la 2STV.

Cet après midi j’aurai le privilège de voir en exclusivité, le premier épisode de ce concept ivoirisé avec la jeune et non moins connue artiste ivoirienne Nash et Smile d’un groupe très représentatif de la scène hip hop ivoirienne, LEKIPTIP. « Tu es la première ivoirienne à le voir ». La vidéo est lancée. Nash donne l’actualité dans un nouchi* maîtrisé. Smile la reprend dans un français plus soutenu. Il sont drôles, amusant même, et c’est agréable. Mais les infos données sont réelles: Enlèvements d’enfants, Ebola,crise au Congo… Tout y passe. Ils jouent le jeu à fond tout en abordant des questions sérieuses. Pour ceux que les informations classiques ennuient, vous serez bientôt servis. Ce projet est soutenu par OSIWA (Open Society Initiative for West Africa)

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Je peux maintenant échanger avec Xuman, en savoir davantage sur son actualité; son parcours.

– Le journal rappé. Comment ça a commencé ?

J’étais animateur d’une émission rap dans une radio. Je passais avant le journal, et en rigolant je me disais pourquoi pas fusionner. L’idée était là. C’était il y a pratiquement dix ans. Mais j’avais pas vraiment les moyens de le faire. Et en 2011-2012 avec les élections au Sénégal, les différents événements que ça a créé, les artistes avaient beaucoup à exprimer. J’en faisais parti. Malheureusement en dehors des single, le temps que tu veuilles sortir un album complet sur le sujet, l’actualité est passé. Or on ressent le besoin de parler, de s’exprimer face à certaines situations. Et faire un journal en rap est devenu une évidence. Avec Keyti, artiste aussi connu que moi au Sénégal, on a fait un épisode pilote

– Quelle a été la réaction du public devant la première diffusion ?

Très bonne. C’était nouveau et le public a vraiment suivi et partagé. Petite anecdote, la vidéo a été publiée contre notre gré par inadvertance. On voulait d’abord montrer un teaser afin de prendre la température et intéresser le public. Mais malheureusement ou heureusement, on s’est trompé et c’est le journal complet qui a été mis en ligne. Avant qu’on n’ait le temps de se rattraper, le buzz était créé.

– Dans votre journal vous abordez uniquement les faits locaux ?

Pas du tout. L’actualité internationale est aussi touchée.

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– Aujourd’hui la réalisation d’un JTR ivoirien avec l’artiste Nash. Pourquoi elle ?

Parce qu’elle est organisée.  Elle a une structure et il est important de s’appuyer sur des compétences locales. De plus Nash est une des figures représentatives de la scène rap ivoirienne. J’ai aussi fait ce choix par rapport au nouchi, dialecte typiquement ivoirien, qu’elle utilise. Smile la seconde avec un langage plus soutenu afin de rassembler le tout public.

– Après la Côte d’Ivoire, tu comptes exporter le JTR dans d’autre pays ?

Oui bien sûr. C’est le projet. Après la Côte d’Ivoire, ce sera le Niger.

– Vu le succès de ce concept au Sénégal, il y a ce risque qu’il soit sollicité à des fins politiques. Es tu ouvert à cette possibilité ?

Aucunement. Le JTR est aussi un moyen de parler franchement. Il y a un brin d’humour et beaucoup de franc parler. Il est important d’être indépendant. C’était la première règle quand nous avons commencé.

– Pour revenir à la musique que tu pratiques., quelle est ton actualité ?

J’ai enregistré un album depuis quelques mois qui a besoin d’être actualisé. Là j’ai l’ambition de faire un album collaboration ici en Côte d’Ivoire.

 

Le Journal Gbayé avec Nash et Smile sera bientôt disponible.

 

En attendant un épisode du Journal sénégalais à voir:

 

 

http://rythmafriq.com/

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